jeudi 6 mars 2008

Stop the bullets, Kill the guns

Cette annonce britannique qui dénonce l’utilisation des armes à feu me donne des frissons à chaque visionnement. La puissance de la mise en scène et le rendu esthétique des images mérite qu’on y accorde une attention toute particulière. Le tout est d’une simplicité extraordinaire, mais le résultat est digne d’un lion à Cannes.
La mission de l’annonce est de sensibiliser les jeunes des régions les plus violentes du Royaume-Uni au taux élevé des crimes commis par balles. Malgré que la campagne soit diffusée au pays du Big Ben, le message peut facilement devenir universel.
La publicité de 60 secondes, réalisée par AMV BBDO, montre au ralenti, une balle qui traverse différents objets et les fait exploser : un œuf, un verre de lait, une bouteille d’eau, une autre de ketchup, une pomme et un melon d’eau. Dans le dernier plan, c’est la tête d’un jeune garçon que l’objet se prépare à transpercer. Évidemment, la balle arrête avant et sa trajectoire se transforme en mots : Stop the bullets. Kill the gun.
L’exécution incite celui qui l’a visionne à se questionner sur les effets destructeurs des crimes commis par balle surtout sur le plan physique. Sans le montrer l’annonce amène le spectateur à s’imaginer la scène finale et c’est là que réside la puissance du message.
Il est intéressant de se pencher aussi sur le contraste des couleurs que provoquent les objets choisis et leur symbolique. On évoque la vie et la mort par l’œuf qui explose, la pureté par le blanc du lait et la transparence de l’eau et le rouge de la pomme, de la bouteille de ketchup et du melon font bien sûr référence au sang versé à chaque crime. On ne peut que s’incliner devant la beauté et la puissance de ses images.
La Romaneche
Stop the bullet. Kill the gun.
http://www.youtube.com/watch?v=wk01MXx6IfE

« Unlike Hollywood films, bullets don’t leave perfectly clean symmetrical holes, they leave big gaping wounds in kids faces, bodies, arms and legs. If this little film makes just one kid think twice about picking up a gun, then it’s a start». Gary Walker et Huw Wiliams, directeurs chez AMV BBDO

Musique et publicité sociétale

Qu’est ce qui est plus émotif dans une annonce sociétale que les enfants ou les bébés animaux? Quel aspect d’une publicité éveille dans chacun de nous nos émotions les plus profondes? La mélodie bien évidemment.
Malgré quelques succès publicitaires ou le silence règne, la musique est un élément clé dans les annonces à caractère humanitaire.
La recherche pour la meilleure chanson s’avère parfois un processus plus ardu que le développement du concept lui-même. D’autres fois, c’est à partir d’une mélodie que les publicitaires créent l’annonce. Bref, tout cela pour dire que lorsqu’on entreprend la conception d’un message sociétal ou qu'on se bat pour une cause humanitaire la musique devient un aspect qu’on ne peut pas négliger.
Cette dernière a pour rôle d’immortaliser le message auquel on veut sensibiliser le consommateur. Chaque fois que les notes seront jouées sera une occasion supplémentaire d'avoir une pensée pour la cause. Souvent les publicitaires optent pour des chansons empreintes de grand symbolique pour la population. Prenons pas exemple la chanson de John Lennon, We are the world. Le message a fait le tour du monde et continu son chemin, car même a ce jour elle possède toujours son lot de notoriété.



Dans d’autres cas, c’est la cause qui popularise la chanson.


De héros a zéro : Choisi la vie pas la vitesse

http://www.youtube.com/watch?v=6iubjc-LoOs&feature=related



La musique permet également à plusieurs chanteurs ou groupes de faire leur part pour la cause qui leur tient à cœur en offrant une de leurs compositions à un message publicitaire.


Sarah Mclachlan / World on fire
http://www.worldonfire.ca/


U2 / Where streets have no name


http://fr.youtube.com/watch?v=V5WYbMblbBY


La Romaneche


La publicité sociétale va-t-elle trop loin?

Il est évident que lorsqu’on crée des publicités pour une cause humanitaire, l’impact des images doit être grand. On n’a pas l’argent nécessaire pour acheter du temps de diffusion ; on prend ce qui nous est offert par les médias. Donc, afin que le message soit retenu il se doit d’être puissant, parfois même choquant.
Cependant, n’y a-t-il pas une limite au choquant ? Certaines images ou concepts ne vont-t-ils pas trop loin ; ils se veulent parfois très déplaisants. Plusieurs sujets dont les publicitaires traitent, comme ceux qui touchent l’usage des drogues, se doivent en effet d’être désagréables, afin de persuader les consommateurs à changer leur comportement. Toutefois, ces créations puissantes ne risquent-elles pas de créer un effet repoussoir tellement elles sont choquantes ?
Prenons par exemple l’annonce anti-drogue ou un jeune homme se dirige vers les toilettes d’une discothèque afin de se droguer. Il ouvre alors son crâne, prend un morceau de son cerveau, le dépose sur le bol de toilette, le sépare en lignes et décide de le "snifer". La référence à l’impact néfaste de la cocaïne sur notre santé est bien sûr évidente, mais n’est ce pas dégoutant comme annonce ? Avons-nous vraiment besoin de cette mise en scène des plus horribles afin de comprendre que prendre des substances nocives c’est mal ?

Oui et non. Je dirais que la réponse dépend du public cible. Cette dernière annonce, je ne pense pas qu'un auditoire plus âgé (40 et plus) pourra la tolérer. Toutefois, un jeune adulte vivant une vie de débauche en aura peut être des frissons en regardant ces images ce qui le fera probablement réfléchir.
La Romaneche